Archives mensuelles : novembre 2014

Tunisie: le parti islamiste Ennahda renonce aux ministères régaliens

Le chef du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, le 22 février 2013 à Tunis(©AFP)
Les islamistes d’Ennahda renoncent à contrôler les ministères régaliens dans le gouvernement tunisien en cours de formation et acceptent de les confier à des indépendants, cédant à une revendication clé de la classe politique, a annoncé mercredi le chef du parti Rached Ghannouchi.

« Nous confirmons la +neutralisation+ des quatre ministères de souveraineté, le ministère de l’Intérieur y compris sera sous une personnalité hors des partis politiques », a-t-il déclaré à l’antenne de la radio Kalima, évoquant l’annonce du nouveau cabinet « à la fin de la semaine ».
Actuellement, Ennahda dirige les ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères. Le quatrième, celui de la Défense, est déjà contrôlé par un indépendant, Abdelkarim Zbidi, qui est en fonction depuis janvier 2011 et la révolution qui a fait chuter le régime de Zine El Abidine Ben Ali.
Le parti islamiste cède ainsi à une revendication exprimée par la quasi-totalité de l’opposition et de ses partenaires laïques au gouvernement, Ettakatol et le Congrès pour la République du président Moncef Marzouki.
Selon M. Ghannouchi, le nouveau gouvernement sera formé par « cinq ou six partis », contre trois actuellement.
Il a ainsi indiqué, qu’outre l’alliance en place depuis fin 2011, le mouvement Wafa –formé de dissidents du CPR– le bloc parlementaire Liberté et Dignité –de tendance islamiste– et l’Alliance démocratique –composé de dissidents d’un parti d’opposition– pourraient rejoindre le cabinet.
L’actuel ministre de l’Intérieur, l’islamiste Ali Larayedh, a été chargé en fin de semaine dernière de former un nouveau gouvernement après la démission d’Hamadi Jebali face aux refus de son parti Ennahda de constituer un cabinet de technocrates.
Il avait avancé cette idée le jour de l’assassinat de l’opposant anti-islamiste Chokri Belaïd, estimant qu’il s’agissait du seul moyen pour sortir la Tunisie de la paralysie politique et de juguler l’essor de la violence.

Venezuela: le président Hugo Chavez est décédé

Le président vénézuélien Hugo Chavez s’adresse à la foule lors d’un meeting à Caracas, le 23 août 2003(©AFP/Archives)
Le président vénézuélien Hugo Chavez est décédé mardi à Caracas des suites d’un cancer, a annoncé à la télévision publique le vice-président Nicolas Maduro.

« Nous avons reçu l’information la plus éprouvante et la plus tragique que nous puissions annoncer à notre peuple. A 16H25 (20H55 GMT) aujourd’hui 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chavez Frias après avoir combattu avec acharnement contre une maladie depuis presque deux ans », a déclaré M. Maduro, au bord des larmes.
Depuis la veille, l’incertitude planait sur le sort du président, hospitalisé dans un établissement militaire de la capitale. Il luttait depuis juin 2011 contre un cancer dans la zone pelvienne et son état de santé s’était aggravé ces dernières heures, selon le gouvernement.
Au pouvoir depuis 1999, Hugo Chavez avait été réélu pour un nouveau mandat de six ans en octobre, avant d’être à nouveau opéré le 11 décembre à Cuba, pour la quatrième fois. Il n’était plus jamais apparu en public depuis.

Le nouveau gouvernement tunisien obtient la confiance de la Constituante

Ali Larayedh, le 12 mars 2013, devant le Parlement tunisien(©AFP)
Le nouveau gouvernement tunisien dirigé par l’islamiste Ali Larayedh a obtenu mercredi à la mi-journée la confiance des députés de l’Assemblée nationale constituante, à l’issue d’une séance retransmise à la télévision.

Le cabinet, formé par une coalition regroupant islamistes d’Ennahda, deux partis laïcs et des indépendants, a obtenu le soutien de 139 députés, soit trente voix de plus que la majorité absolue nécessaire à l’entrée en fonction du gouvernement.
Seuls 45 députés ont voté contre et 13 autres se sont abstenus. Vingt élus étaient par ailleurs absents.
A l’issue du vote, les députés ont chanté l’hymne national au sein de l’hémicycle avant de scander « fidèles au sang des martyrs » de la révolution de janvier 2011 qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali.
Tout juste avant le vote, Ali Larayedh a prononcé un bref discours, pour répondre aux dizaines d’interventions de députés depuis mardi, lors duquel il a réagi pour la première fois à l’immolation d’un jeune vendeur ambulant, désespéré par ses conditions de vie et qui est mort mercredi matin de ses blessures.
« C’est un incident triste, j’espère que nous avons tous compris le message », a déclaré le chef du gouvernement.
Ce décès est hautement symbolique en Tunisie où la révolution avait été déclenchée par l’immolation d’un vendeur ambulant excédé par la misère et les brimades de policiers à Sidi Bouzid (centre).
La pauvreté et le chômage étaient au coeur des causes du soulèvement qui a renversé le régime de Ben Ali, or deux ans après l’économie tunisienne est toujours anémique et le pays est paralysé par une interminable crise politique et institutionnelle.

Didier Barbelivien, version « fan de… » pour un nouvel album d’inédits

Didier Barbelivien, le 28 janvier 2013 à Paris(©AFP/Archives)
Depuis son adolescence, il compose pour les autres, signant de nombreux tubes de « On va s’aimer » pour Gilbert Montagné à « Petite fille du soleil » pour Christophe: Didier Barbelivien revient au premier plan avec quinze chansons inédites dédiées à ses chanteurs préférés.

« J’ai voulu rendre hommage aux tubes de nos étés et aux mélodies populaires qui accompagnent souvent des souvenirs », a confié à l’AFP le chanteur qui vient de fêter ses 59 ans.
« C’est surtout un clin d’œil aux chanteurs que j’aime. Ecrire pour les autres est toujours une grande passion. Pendant trente ans, j’ai préféré rester devant mon piano à composer pour les autres. Dans ce nouvel album, j’interprète des chansons que mes idoles auraient très bien pu chanter », ajoute Didier Barbelivien qui a connu la gloire dans les années 80 comme chanteur avec « Elle », avant « A toutes les filles » en duo avec Félix Gray.
Didier Barbelivien dédicace notamment ce nouvel album aux accents pop et aux mélodies efficaces à Claude François avec le titre « Tant qu’il y aura des chansons », dédié à « celui qui m’a donné l’envie d’épouser ce métier ».
Dédicacée à son « frangin » Félix Gray, la chanson « Numéro 1 du top album » rappelle avec dérision leurs plus belles années, « le public avec nous et l’amitié en prime ».
A l’adresse de Johnny Hallyday, Didier Barbelivien a composé une nouvelle version de « Elle m’oublie », chanson qu’il avait créée pour l’ex-idole des jeunes en 1978. En hommage et dans le style de Michel Delpech, Barbelivien chante « Le dernier chanteur de slow », regrettant que la jeune génération ne s’intéresse plus à ce rythme qui a formé tant de couples.
« Après quarante ans de liaison, la musique reste la grande histoire de ma vie… Je ne me suis jamais pris au sérieux, mais je n’avais jamais traduit ce trait en chanson. Il était temps! », estime-t-il.
Didier Barbelivien regrette que les jeunes auteurs-compositeurs aient rarement la notion du tube, sauf Bénabar « qui sait faire des instantanés populaires et enjôleurs ».
« La plupart préfèrent les chansons sociétales, mais pas pour être populaires », observe-t-il. « Il n’y a pas de recette garantie pour écrire un tube. Il faut au moins avoir la volonté de faire en sorte que l’émotion se retrouve à chaque fois qu’on écoute la chanson ».
Depuis plusieurs années, le chanteur se bat pour le respect du droit d’auteur, « trop souvent bafoué par le téléchargement illégal »: « C’est désolant aussi pour les jeunes artistes qui veulent vivre de leur talent. Je ne vois pas comment Guy Béart, Brassens, Gainsbourg, Brel ou Léo Ferré auraient survécu sans droit d’auteurs ».
En tournée ce printemps et cet automne avant trois soirs à l’Alhambra de Paris en janvier 2014, Didier Barbelivien est toujours « l’ami de trente ans » de Nicolas Sarkozy: « je ne l’ai jamais quitté et on se quittera pas. Je n’ai pas toujours été d’accord avec lui sur le plan politique, mais c’est mon pote ».