Archives mensuelles : février 2015

Clearstream: rejet des pourvois de Lahoud et Gergorin

Imad Lahoud quitte le tribunal de Paris, le 2 mai 2011(©AFP/Archives)
La Cour de cassation a rejeté mercredi les pourvois du mathématicien Imad Lahoud et de l’ancien responsable d’EADS Jean-Louis Gergorin, rendant ainsi définitive leur condamnation dans l’affaire Clearstream.

Imad Lahoud avait été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois ferme, pour faux, usage de faux, dénonciation calomnieuse et recel d’abus de confiance, le 14 septembre 2009 par la cour d’appel de Paris.
Jean-Louis Gergorin avait quant à lui écopé de trois ans de prison, dont six mois ferme, pour faux, usage de faux et dénonciation calomnieuse.
Ils avaient tous deux également été condamnés à 40.000 euros d’amende.
L’avocat général avait recommandé à la chambre criminelle de la Cour de cassation de rejeter leurs pourvois.
La cour d’appel avait relaxé l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin dans cette affaire de vaste manipulation au cours de laquelle des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés à des listings bancaires afin de faire croire qu’elles détenaient des comptes occultes à l’étranger.

Venezuela: le cercueil de Chavez déposé et ouvert à l’Académie militaire

Les proches d’Hugo Chavez se recueillent autour de son cercueil le 6 mars 2013 à l’académie militaire de Caracas(©AFP)
Le cercueil contenant la dépouille du président vénézuélien Hugo Chavez a été déposé et ouvert mercredi à l’Académie militaire de Caracas, où a été dressée une chapelle ardente jusqu’à ses funérailles prévues vendredi, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le cercueil restera ouvert dans le salon d’honneur de l’enceinte militaire, où se trouvaient de nombreuses personnalités, dont le président par intérim, Nicolas Maduro, ainsi que les chefs d’Etat argentin, uruguayen et bolivien.
Escorté par des proches de M. Chavez, des membres du gouvernement et des centaines de milliers de sympathisants, le cercueil avait franchi dans l’après-midi les portes de l’académie militaire, après un parcours de sept heures à travers les rues de la capitale.
Sous les applaudissements de la foule et aux cris de « vive Chavez », des soldats avaient retiré du convoi funèbre le cercueil, porté à l’épaule par plusieurs collaborateurs avant de pénétrer, avec les honneurs militaires, dans le bâtiment.
La chapelle ardente a été dressée dans l’Académie militaire où est née la vocation politique d’Hugo Chavez, cet ancien officier, chef de file de la gauche latino-américaine, à la tête depuis 14 ans du Venezuela, riche pays pétrolier.
Les Vénézuéliens pourront rendre dans la chapelle ardente un dernier adieu à leur dirigeant charismatique, décédé mardi à 58 ans d’un cancer, avant les obsèques auxquelles doivent assister vendredi de nombreux dirigeants étrangers.

En Egypte, Kerry va demander à Morsi d’oeuvrer à une sortie de crise

Le Secrétaire d’Etat John Kerry reçu par le ministre égyptien de la Défense Abdel Fattah al-Sissi le 3 mars 2013 au Caire(©Pool/AFP)
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a rencontré dimanche le président islamiste égyptien Mohamed Morsi, au dernier jour d’une visite au Caire où il a appelé pouvoir et opposition à s’entendre pour sortir le pays de l’impasse politique et de la crise économique.

Avant de s’entretenir avec le président égyptien, M. Kerry s’est réuni avec le ministre de la Défense Abdel Fattah al-Sissi.
Le nouveau patron de la diplomatie américaine, arrivé samedi dans une capitale égyptienne sous tension, doit ensuite s’envoler vers Ryad pour la septième étape de sa première tournée internationale.
Il a prévenu à l’avance qu’il discuterait avec M. Morsi de la façon dont Washington peut aider le pays le plus peuplé du monde arabe à se sortir du marasme économique.
« Je parlerai au président Morsi des moyens spécifiques par lesquels les Etats-Unis, le président (Barack) Obama, voudraient être impliqués, qu’il s’agisse d’aide économique, d’appui au secteur privé ou de soutien aux exportations égyptiennes vers les Etats-Unis », a déclaré M. Kerry.
Il a jugé « essentiel » de remettre en marche l’économie égyptienne, en plaidant pour un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).
L’Egypte est en négociations avec le FMI pour un prêt de 4,8 milliards de dollars, jugé capital pour restaurer la confiance dans l’économie, qui a pâti d’un effondrement des investissements étrangers et de la chute du tourisme en raison de l’instabilité politique.
Un accord préliminaire avait été conclu en novembre 2012, mais ce prêt a été reporté en raison des troubles politiques.
M. Obama avait promis en 2011 un allègement de la dette de l’Egypte vis-à-vis des Etats-Unis, à hauteur d’un milliard de dollars, dont 450 millions sont en négociations entre Le Caire, l’administration américaine et le Congrès.
Deux ans après la chute du régime autoritaire et pro-occidental de Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire, l’Egypte reste le deuxième récipiendaire de l’aide extérieure américaine -derrière Israël- avec 1,5 md USD par an, surtout pour l’armée.
Samedi, M. Kerry avait lié la crise économique à l’impasse politique, appelant régime et opposition à faire « des compromis significatifs ».
Depuis l’élection en juin 2012 de Mohamed Morsi, premier président islamiste et civil d’Egypte, le pays est plongé dans des crises à répétition, et le Front du salut national (FSN), principale coalition de l’opposition, a appelé à boycotter les législatives qui débutent en avril.
M. Kerry a vu samedi des opposants et a rencontré dimanche des représentants de la société civile. Mais deux des principaux chefs du FSN, Hamdeen Sabbahi et Mohamed ElBaradei ont boycotté l’entrevue, invoquant des pressions américaines pour les convaincre de participer aux législatives.
Il a néanmoins téléphoné à M. ElBaradei et rencontré Amr Moussa, un autre dirigeant du FSN.
M. Kerry a assuré que les Etats-Unis « ne s’ingér(aient) pas, ne pren(aient) pas position pour un gouvernement, une personne, un parti, une idéologie » en Egypte.
La crise en Egypte se traduit également par des violences entre manifestants et policiers qui se sont poursuivies le week-end à Mansoura (delta du Nil) et à Port-Saïd (nord-est).
Allié pendant 30 ans au régime Moubarak, Washington marche sur des oeufs avec « la nouvelle Egypte », M. Obama semblant privilégier sa relation avec le président égyptien.
Pour les Américains, le dilemme est de soutenir les aspirations démocratiques des Egyptiens sans fâcher l’un de ses principaux alliés régionaux, lié à Israël par un traité de paix.
M. Kerry a d’ailleurs exprimé sa « reconnaissance au président Morsi » pour avoir contribué au cessez-le-feu de novembre 2012 à Gaza entre Israël et le Hamas. Un responsable américain s’est félicité d’une « constante bonne conversation entre Israéliens et Egyptiens », qu’il s’agisse de Gaza ou du Sinaï.

Etats-Unis: des aéroports bientôt au ralenti, dommage collatéral de l’austérité

Des passagers font la queue pour passer les contrôles de sécurité à l’aéroport LaGuardia de New York, en novembre 2010(©Getty Images/AFP/Archives)
Longues files d’attente à la sécurité et aux douanes, avions immobilisés au sol… Les coupes budgétaires entrées en vigueur aux Etats-Unis pourraient rendre l’été très difficile dans les aéroports américains, estiment les experts.

Selon eux, les coupes budgétaires automatiques au 1er mars, faute d’accord entre la Maison Blanche et le Congrès, ne se feront pas sentir immédiatement, notamment parce que les personnes licenciées ont généralement droit à un préavis de 30 jours.
Mais mi-avril, le personnel devrait en moyenne travailler un jour de moins sur une période de deux semaines, et ce jusqu’à la fin de l’année fiscale en septembre, selon Dan Stohr, porte-parole de l’Aerospace Industries Association.
Et « d’ici à fin mai/début juin, quand la saison démarre à plein, nous verrons vraiment l’impact » de la crise, dit-il à l’AFP.
Les coupes budgétaires automatiques — 85 milliards de dollars sur les sept derniers mois de l’année budgétaire — frapperont tous les métiers des aéroports: inspecteurs de l’administration fédérale de la sécurité des transports (TSA), personnel des douanes, agents de l’administration fédérale de l’aviation (FAA).
Les tours de contrôle d’une centaine de petits aéroports régionaux, de la ville de Mobile (Alabama, sud) à Niagara Falls (New York, nord-est), pourraient avoir à fermer. Une soixantaine d’autres, dans des villes plus importantes comme Jacksonville (Floride, sud-est) ou Sacramento (Californie, sud-ouest), pourraient ne plus avoir d’équipes de nuit.
Et même si les grands aéroports devraient être protégés au maximum, ils sentiront eux aussi l’impact des coupes budgétaires, avec des files d’attente qui devraient s’allonger encore et encore.
« Créer l’inquiétude »
« Dans nos aéroports les plus fréquentés, l’attente qui dure déjà jusqu’à deux heures, pourrait facilement dépasser quatre heures », a prédit la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano.
L’Association nationale des contrôleurs aériens a dénoncé des réductions budgétaires qui selon elle « sont nuisibles au transport aérien et à l’économie fragile du pays ».
« Tous les usagers et acteurs du transport aérien, y compris les voyageurs, les pilotes, les compagnies aériennes, les entreprises et les militaires en ressentiront les effets ».
Selon M. Stohr, une diminution du nombre des inspecteurs se traduira par des délais dans la certification et la livraison des nouveaux avions, « impactant directement notre industrie ».
Et à plus long terme, il met en garde contre le risque de freiner une réforme en cours du contrôle aérien, qui selon lui « pourrait prendre plusieurs années de retard ».
Mais les pronostics les plus sombres ne peuvent être dissociés d’un climat politique particulièrement empoisonné, où chacun accuse l’autre du pire.
Le président Obama a accusé les Républicains de refuser de même chercher un accord. Eux affirment en retour que les coupes ciblent les mauvais secteurs.
Dans un communiqué, un sénateur républicain, John Thune, et un représentant du même parti, Frank LoBiondo, ont ainsi accusé l’administration Obama de « créer l’inquiétude » au sein du pays.
Le cabinet de conseil spécialisé Boyd Group International a également accusé le gouvernement d’être prêt à « torpiller l’économie américaine s’il n’obtient pas ce qu’il veut ».
Pour Henry Harteveldt, analyste du secteur des voyages, la seule certitude est de fait… l’incertitude.
« Les politiques ont été très bons pour faire monter la tension, mais beaucoup moins bons pour préciser ce qui va se produire », a-t-il indiqué à l’AFP.