Archives mensuelles : mai 2015

Bulgarie: le suicide par le feu d’un homme provoque colère et espoir

Un homme rend hommage à Plamen Goranov, devant l’hôtel de ville de Varna, le 5 mars 2013(©AFP)
Une centaine de bougies allumées et des monceaux de fleurs barrent l’entrée de la mairie de Varna, dans l’est de la Bulgarie, à la mémoire de Plamen Goranov, 36 ans, dont la mort à la suite d’une immolation par le feu en a fait le symbole des protestations contre la corruption des élites politiques.

Autour du portrait de Plamen, cheveux longs, sourire serein, alpiniste et artiste dont le prénom signifie « flamme », des inscriptions au feutre sur les dalles du trottoir : « Tu as embrasé notre courage et l’amour de la liberté »; « Ton sacrifice nous mène à la victoire »; « La mafia détruit la Bulgarie ».
Ou encore : « Tu es notre Jan Palach », l’étudiant tchèque qui s’immola par le feu en 1969 pour protester contre l’occupation soviétique après la répression du « Printemps de Prague ».
Plamen Goranov, mort dimanche, avait tenté de s’immoler par le feu le 20 février devant la mairie de Varna. Il réclamait la démission du maire conservateur, Kiril Yordanov, en place depuis 14 ans, qu’il accusait de corruption. Le jour même, le Premier ministre conservateur, Boïko Borissov, avait remis la démission du gouvernement.
« Que le gouvernement ait démissionné ne change rien. Il faut que la société civile puisse tout contrôler : les monopoles, les élections, les partis, les institutions », dit Ilarion Ananiev, 25 ans, un des animateurs informels du mouvement contestataire.
« Plamen était un grand, il frayait ce chemin », soupire Radostina Petrova, une amie du défunt, assise par terre, les yeux rivés sur les bougies.
« Plamen s’est éteint, mais sa flamme reste vive », titrait mardi le journal d’opposition de Varna, Narodno delo.
« Plamen Goranov est devenu un symbole national révélant que la démocratie en Bulgarie, contrôlée par une oligarchie post-communiste, est réduite aux apparences », a déclaré à l’AFP Ognian Mintchev, directeur de l’Institut d’études régionales et internationales à Sofia.
Alors que le maire serait sur le point de démissionner, Ognian Mintchev a souligné l’importance d’une mobilisation civile « pour empêcher la mise en place à nouveau d’hommes de paille à la tête de la ville ».
Principal port bulgare sur la Mer Noire, Varna est l’agglomération d’où les manifestations massives contre la corruption et la pauvreté avaient commencé il y a plus de trois semaines et où elles sont les plus importantes. Depuis le geste de Plamen Goranov, les manifestants portent un autocollant représentant une flamme.
« C’était un homme excentrique, mais le premier à avoir montré du doigt ceux qui dissuadent toute tentative d’activité économique indépendante à Varna », déclare Radoslav Radev, un informaticien de 25 ans.
Une société holding, désignée informellement par le sigle TIM, fondée à Varna dans les années 1990 par d’anciens militaires d’élite de la marine, compte parmi les plus puissantes de Bulgarie, selon un rapport de l’ambassade des Etats-Unis de 2005 paru sur Wikileaks, qui évoque des activités criminelles à l’origine de cette richesse. Elle a des intérêts pêle-mêle dans l’industrie pétrolière et chimique, le transport aérien et maritime, les finances et les assurances, les médias, le commerce et le tourisme.
« Tel un octopode, TIM étouffe l’économie, détruit la nature et criminalise la vie politique », résume Ognian Mintchev, originaire de Varna. Et même un député de Varna membre du parti conservateur au pouvoir GERB, Pavel Dimitrov, l’admet : « Rien à Varna n’arrive sans TIM ».
« Le maire ne fait qu’exécuter les ordres de TIM. Et ses réélections sont obtenues par la fraude », affirme Ilarion Ananiev.
Malgré la longévité politique du maire de Varna, les rues sont truffées de nids-de-poule et la ville manque pratiquement de chauffage central : « Je ne mets le chauffage en route que quelques heures par jour, mais ma facture d’électricité se monte à 160 leva (80 euros), alors que ma pension est de 300 leva » (150 euros), se plaint Yanka Petrova, une retraitée.
Pendant que des habitants de Varna rendaient hommage à Plamen Goranov, deux hommes ont sauté d’un pont, se noyant dans la mer, en l’espace de trois jours. Et, depuis le début des manifestations, deux autres Bulgares désespérés par la pauvreté se sont immolés par le feu les 18 et 26 février : le premier, âgé de 26 ans, est mort, tandis que le deuxième, 53 ans, père de cinq enfants, est dans un état grave.

Tunisie: le tueur présumé de l’opposant Chokri Belaïd arrêté

Un manifestant brandit une photo de Chokri Belaïd, le 6 février 2013 à Tunis(©AFP/Archives)
Un homme soupçonné d’avoir tué l’opposant tunisien Chokri Belaïd et son complice présumé ont été arrêtés lundi, a appris l’AFP auprès deux sources policières qui ont décrit les deux hommes comme appartenant à la mouvance salafiste.

Le tueur présumé était un artisan de 31 ans spécialisé dans les meubles en aluminium et a été arrêté à Carthage, dans la banlieue de Tunis, selon ces sources.
Le deuxième homme est soupçonné d’être le motard qui a permis la fuite du tireur le matin du 6 février après que Chokri Belaïd a été abattu à bout portant en bas de son domicile à Tunis.
Les deux sources interrogées par l’AFP ont indiqué que les deux suspects appartenaient à la mouvance radicale salafiste et que leur arrestation avait été facilitée par le témoignage d’une femme, témoin des faits, qui a été placée sous protection policière.
L’un de ces sources a précisé que le tueur était actif dans la Ligue de protection de la révolution (LPR, une milice brutale pro-islamiste) du Kram, une banlieue populaire de Tunis voisine de Carthage.
Plusieurs médias en ligne tunisiens ont indiqué que deux militants salafistes présumés avaient été arrêtés pour le meurtre de l’opposant.
Le porte-parole du ministère de l’Intérieur n’a pas répondu aux multiples tentatives de l’AFP de le joindre.
La LPR a été accusée à de nombreuses reprises par l’opposition d’orchestrer des attaques contre des opposants ou des associations pour les intimider.
Ses militants sont ainsi soupçonnés du lynchage à mort d’un représentant d’un parti d’opposition à Tatoutine (sud) à l’automne 2012 ainsi que de l’attaque qui a visé le siège du syndicat UGTT en décembre.
La mouvance salafiste jihadiste est pour sa part accusée de nombre de coups d’éclats, certains sanglants, en particulier de l’attaque en septembre de l’ambassade des Etats-Unis, qui avait fait quatre morts parmi les assaillants.
L’assassinat de l’opposant anti-islamiste Chokri Belaïd a plongé la Tunisie dans une crise politique sans précédent depuis la révolution de 2011, précipitant la démission du Premier ministre Hamadi Jebali.
La famille du défunt a accusé Ennahda, le parti islamiste au pouvoir d’être responsable du meurtre, ce que ce mouvement dément.
Le ministre tunisien de l’Intérieur, qui a été chargé la semaine dernière de former un nouveau gouvernement, Ali Larayedh, avait annoncé jeudi l’arrestation de suspects, tout en précisant alors que l’enquête n’avait pas permis l’identification du tueur, des commanditaires et des mobiles.

Nucléaire: l’Iran et les grandes puissances tentent de surmonter leurs divergences

Le chef des négociateurs iraniens pour le nucléaire Saïd Jalili, le 25 février 2013 à Almaty, au Kazakhstan(©AFP)
L’Iran et les grandes puissances se retrouvent mardi à Almaty pour tenter de surmonter leurs divergences sur la question du nucléaire iranien après plus de huit mois d’interruption dans leurs négociations et des désaccords n’incitant guère à l’optimisme.

Les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) ont cependant annoncé lundi qu’elles allaient faire une « bonne offre » à Téhéran lors de cette rencontre prévue à partir de 13H00 locales (07H00 GMT).
« Nous avons préparé une bonne offre actualisée, que nous croyons équilibrée et qui constitue une base juste pour des discussions constructives », a déclaré Michael Mann, le porte-parole de Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’Union européenne en contact avec Téhéran au nom du groupe 5+1.
M. Mann a ajouté que la nouvelle offre devrait mettre fin aux « inquiétudes internationales sur le caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien mais répond en même temps aux idées avancées par Téhéran ».
« Nous espérons que l’Iran saisira cette opportunité en faisant preuve de flexibilité » pour faire avancer les négociations, a-t-il poursuivi.
Mais selon une source proche des négociateurs du groupe 5+1, les grandes puissances insistent toujours sur leurs conditions avancées à Bagdad début 2012, à savoir l’arrêt par l’Iran de l’enrichissement d’uranium à 20%, la fermeture du site d’enrichissement de Fordo, enfoui sous la montagne près de Qom (150 km de Téhéran) et difficile à détruire, et l’envoi à l’étranger du stock d’uranium enrichi à 20% déjà produit.
« Cela constitue toujours la base des demandes du groupe 5+1″, a ajouté cette source ayant requis l’anonymat.
Un diplomate occidental proche des négociations a précisé que les grandes puissances allaient proposer la levée de certaines sanctions en échange de concessions de Téhéran, sans donner plus de précisions.
Le Conseil de sécurité a adopté six résolutions, dont quatre assorties de sanctions, mais les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne ont adopté leurs propres sanctions économiques qui visent en particulier les exportations pétrolières et tout le secteur bancaire iranien, dans le but de faire céder l’Iran sur son programme nucléaire.
Le dernier round des négociations remonte à juin 2012 à Moscou, lorsque Téhéran avait présenté ses propres propositions demandant la reconnaissance de son droit à l’enrichissement d’uranium.
Téhéran refuse de céder sur l’enrichissement à 20%, la fermeture du site de Fordo et exige dans le même temps la levée des sanctions internationales.
« Le monde attend une réponse constructive, rationnelle et valable aux propositions de Téhéran à Moscou », a déclaré lundi soir le chef des négociateurs nucléaires iraniens, Saïd Jalili lors d’une rencontre avec le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev.
L’Iran insiste sur le fait que l’enrichissement à 20% est utilisé pour produire du combustible pour son réacteur de Téhéran, qui produit des radio-isotopes, alors que les pays occidentaux et Israël l’accusent de chercher à fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire pacifique.

Chine: les beaux jours de la pollution, malgré les promesses au sommet

Des pêcheurs sur les rives d’une rivière artificielle à Xingtai, en Chine, le 10 mars 2013(©AFP)
Le brouillard de pollution est si épais qu’il semble coller au pare-brise de la voiture de Zhao Jian, réduisant la visibilité à deux mètres: bienvenue à Xingtai, la ville la plus polluée de Chine.

« Je n’ai pas souvenir d’avoir jamais vu une pollution aussi intense », dit Zhao à propos de ces dernières semaines, où les niveaux de « smog » sur le nord-est du pays ont pulvérisé des records de dangerosité.
Mais comme les autres habitants de Xingtai, une cité vieille de 3.000 ans déclarée officiellement en février « ville la plus polluée de Chine » pour son air, Zhao n’a guère d’espoir d’une prochaine amélioration: « On ne peut rien y faire », dit-il.
A Pékin, les dirigeants du Parti communiste réunis pour la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP, parlement), ont promis des mesures contre la pollution atmosphérique, en réponse à une opinion publique de plus en plus inquiète et indignée.
La capitale chinoise elle-même a atteint en janvier des niveaux de densité de particules 40 fois supérieurs aux limites de dangerosité établies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avec un lourd bilan en termes de santé publique et d’activité économique.
« L’état de l’environnement écologique affecte le niveau de bien-être de la population ainsi que la postérité et l’avenir de la nation », a prévenu le Premier ministre sortant, Wen Jiabao, devant l’ANP.
« Nous prendrons la ferme résolution de résoudre les gros problèmes de pollution qui touchent aux intérêts vitaux de la population, tels que la pollution de l’air, de l’eau et du sol », a-t-il assuré.
La pollution atmosphérique a été à l’origine du décès prématuré d’au moins 8.572 personnes dans quatre des plus grandes villes chinoises l’an dernier et son coût économique évalué à 1,1 milliard de dollars, selon une étude conjointe de l’Université de Pékin et de Greenpeace publiée en décembre.
Mais la plupart des analystes estiment que seule la menace d’une grave agitation sociale forcerait les dirigeants à s’écarter du credo de la croissance à tout prix ou à prendre des mesures radicales contre les industries polluantes.
A un jet de pierre des cheminées des aciéries crachant d’épaisses fumées, les boutiquiers de Xingtai n’ont guère de difficultés à identifier l’origine du mal.
« C’est le dioxyde de souffre de l’aciérie », dit Zhang Shouxiang, 65 ans. « Les grosses entreprises ne veulent pas dépenser pour être propres ».
Près de la moitié des émissions de micro-particules en Chine –celles qui pénètrent en profondeur dans les poumons– viennent de la combustion du charbon. Le reste provient des véhicules et des chantiers de construction.
Trois provinces autour de Xingtai, situé à 350 km au sud de Pékin, ont brûlé à elles seules l’an dernier près la moitié de la consommation des Etats-Unis, soit 400 millions de tonnes de charbon.
Si les experts s’accordent sur la nécessaire réduction de la dépendance chinoise au charbon, Pékin prévoit au contraire son augmentation.
« Nous ne voyons rien dans la politique actuelle qui pourrait réduire de façon significative la consommation du charbon », a relevé le mois dernier un rapport de la Deutsche Bank.
Et à Xingtai, on pense que des mesures antipollution seraient détournées par des fonctionnaires corrompus.
« Vous donnez un peu d’argent aux responsables et ils ne bougeront plus », dit Zhang, mimant le geste de glisser des billets dans la poche d’un officiel.
Au Service de protection de l’environnement de Xingtai –quelques bureaux poussiéreux au-dessus d’une pâtisserie– on est guère plus optimiste: « On devrait appliquer les mesures antipollution, mais on est trop faible », gémit M. Wang devant un ordinateur d’un autre âge affichant un taux de pollution de 179, soit 7 fois la limite OMS.
« Pour nous, c’est une journée +modérée+ », dit-il.
La presse officielle est montée au créneau, tel le Quotidien de la jeunesse qui a dénoncé « cet air étouffant, sale et empoisonné qui force le peuple chinois à repenser ce modèle de développement anarchique généralisé ».
Les manifestations sur les questions environnementales ont augmenté de 30% chaque année depuis 1996, selon le China Daily, sans atteindre toutefois le niveau de celles contre les réquisitions de terres.
Expert reconnu basé à Pékin, Yang Fuqiang note: « Les gens sont inquiets à propos de l’air parce que, maintenant, ils le voient ».

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