Archives mensuelles : août 2015

Venezuela : l’état de santé de Chavez s’aggrave, réunion de hauts responsables

Un homme regarde un journal qui consare sa une à l’état de santé du président vénézuélien Hugo Chavez, le 5 mars 2013 à Caracas(©AFP)Les plus hauts dirigeants politiques et militaires vénézuéliens ont commencé à se réunir mardi au lendemain de l’annonce de l’aggravation de l’état de santé du président Hugo Chavez, hospitalisé pour un cancer, a annoncé la télévision officielle. Cette réunion a débuté vers 11H20 locales (15H50 GMT) au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, en présence notamment du vice-président Nicolas Maduro, de hauts gradés et des vingt gouverneurs d’Etat membres du parti socialiste au pouvoir, a précisé la VTV.La chaîne d’Etat a ajouté que cette réunion visait à « définir les stratégies de plusieurs projets visant au développement » du Venezuela, sans fournir plus de précisions.Lundi soir, le ministre de la Communication, Ernesto Villegas, a lu un communiqué annonçant « une détérioration de la fonction respiratoire (du président) en relation avec son état d’immuno-dépression, propre à son état clinique ».« Actuellement, il présente une nouvelle et grave infection », a expliqué le ministre, sans évoquer de délai pour le retour du président aux affaires ni une éventuelle démission.

Hongrie: nouvelle victoire judiciaire de la radio d’opposition Klubradio

Un panneau de la radio de l’opposition hongroise Klubradio, à l’entrée de son siège, à Budapest, en janvier 2012(©AFP/Archives)
La radio d’opposition hongroise Klubradio a remporté mardi une nouvelle victoire judiciaire, un tribunal annulant l’invalidation de la candidature de la radio à sa fréquence habituelle par le Conseil médiatique (MT) composé de fidèles du gouvernement conservateur de Viktor Orban, a annoncé le directeur de la radio.

« Le tribunal a retoqué la décision de décembre du MT — qui invalidait le dossier de candidature de Klubradio pour des questions de forme — et Klubradio doit désormais se voir attribuer la fréquence commerciale 95,3″, a déclaré le directeur, Andras Arato sur les ondes de sa radio en sortant du Tribunal du Travail et de l’administration publique de Budapest.
« La Cour a ordonné à MT de désigner un nouveau concessionnaire de la fréquence 95,3 et MT n’a plus de possibilité de faire appel. Elle n’a plus de moyens légaux pour retarder la décision », a-t-il ajouté.
Cependant, Andras Arato a reconnu que Klubradio n’avait pas de moyens légaux non plus pour faire appliquer par MT la décision du tribunal.
Dans la procédure de nouvelle attribution de la fréquence, le Conseil médiatique, après avoir écarté la candidature de Klubradio, qui émettait pourtant sur cette fréquence depuis des années, l’avait attribuée à une radio inconnue, Autoradio, une décision invalidée par la justice. Depuis, seule Klubradio a présenté un dossier valide devant le MT.
En 2012, une demi-douzaine de décisions de justice avaient déjà donné raison à Klubradio pour qu’elle récupère sa fréquence d’origine, mais en vain, le Conseil des médias n’ayant toujours pas appliqué ces décisions judiciaires.
Le 24 février, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté à Budapest pour soutenir la radio d’opposition.
Avec environ 400.000 auditeurs par jour, Klubradio est la deuxième radio d’information en Hongrie et la sixième radio en terme d’audience.
Le Conseil des médias a été mis en place par la loi controversée sur les médias de Viktor Orban, entrée en vigueur le 1er janvier 2011.

Alertes pour l’économie tunisienne minée par la crise politique

L’opposant Chokri Belaïd, le 29 décembre 2010 à Tunis(©AFP/Archives)
Dégradation de la note de la dette, mise en garde de la Banque centrale et attentisme du FMI: l’interminable crise politique tunisienne a ses premières conséquences économiques dans un contexte déjà tendu par la multiplication des conflits sociaux ces derniers mois.

Après la récession de l’année de la révolution, le gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda s’était targué d’une amorce de reprise économique depuis son arrivée aux affaires en décembre 2011, avec une croissance de 3,6% en 2012, soit 0,1 point de pourcentage supérieur aux prévisions.
Mais l’assassinat le 6 février de l’opposant Chokri Belaïd a plongé le pays dans une profonde crise politico-sécuritaire, avec la démission du Premier ministre Hamadi Jebali le 19 février et les opaques tractations pour la formation du nouveau cabinet.
L’agence de notation Standard and Poor’s a été la première à tirer les conclusions de cette impasse, abaissant la note souveraine de la Tunisie à « BB- » contre « BB », assortie d’une perspective négative compte tenu du « risque de voir la situation politique se détériorer davantage ».
Son concurrent Moody’s lui a emboîté le pas dix jours plus tard, plaçant le pays dans la catégorie spéculative, en évoquant certes « l’instabilité politique accrue dans le pays qui a des implications pour l’économie », mais aussi et surtout l’impasse dans laquelle la Tunisie se trouve depuis des mois.
Faute d’accord sur une nouvelle Constitution et donc sur la tenue d’élections, le pays s’enlise depuis deux ans dans sa phase de « transition postrévolutionnaire », ne donnant aucune visibilité aux investisseurs.
La Banque centrale tunisienne a effectué la même analyse cette semaine, estimant que « l’affermissement des indicateurs positifs de la reprise graduelle du rythme de la croissance » était menacé.
« Manque de visibilité »
« Les récentes évolutions négatives observées à l’échelle nationale et qui pourraient prolonger, en cas de poursuite du manque de visibilité, la situation d’attentisme et de prudence observée chez les opérateurs économiques, pourraient affecter l’activité économique et exacerber les pressions sur les équilibres financiers internes et externes », a noté la BCT.
Or toute baisse de l’activité économique aura un effet négatif sur le chômage, alors même que cette question, facteur clé de la révolution, est à l’origine de nombreux conflits sociaux dont certains ont été réprimés durement.
En outre, l’essor de la mouvance radicale salafiste, responsable de l’attaque en septembre de l’ambassade américaine et accusée du meurtre de Chokri Belaïd, menace la reprise du tourisme, qui représente 7% du PIB et 400.000 emplois.
Moody’s souligne ainsi que « l’escalade des violences et des troubles sociaux » risque de « dissuader les investisseurs et les touristes et d’affecter grandement la balance des paiements ».
Pour ne rien arranger, la crise intervient au moment où la Tunisie et le Fonds monétaire international négocient un plan d’aide de « précaution » de 1,78 milliard de dollars pour soutenir la « transition » et aider le pays à faire face à d’éventuels « chocs » extérieurs.
La conclusion de ces pourparlers, pourtant très avancés, a été reportée jusqu’à la formation du nouveau cabinet, dont a été chargé l’actuel ministre de l’Intérieur, l’islamiste Ali Larayedh.
« Nous ferons à nouveau le point sur la situation lorsque le nouveau gouvernement sera formé et son mandat défini », a déclaré à l’agence officielle TAP le chef de la mission du FMI pour la Tunisie, Amine Mati.
« Une fois cela établi, nous évaluerons le meilleur moyen d’aider la Tunisie pour réaliser ses objectifs qui visent à générer une croissance plus inclusive et à réduire le chômage », a-t-il ajouté.

Chine: Xi Jinping désigné président par le Parlement

L’ancien et le nouveau président chinois, Hu Jintao et Xi Jinping, le 14 mars 2013 à Pékin(©AFP)
Le parlement chinois a élu jeudi Xi Jinping à la présidence de la république, une formalité pour le nouveau chef du Parti communiste (PCC) qui parachève la transition inaugurée en novembre dernier à la tête de la deuxième puissance mondiale.

« J’annonce maintenant que le camarade Xi Jinping est choisi comme président de la République populaire de Chine », a déclaré Liu Yunshan, un haut responsable du PCC qui présidait la séance de l’Assemblée nationale populaire (ANP, parlement), télévisée en direct.
A 59 ans, Xi Jinping succède ainsi à Hu Jintao et sera flanqué de Li Keqiang comme Premier ministre, dont la désignation par l’ANP est prévue vendredi. Li Keqiang succèdera à Wen Jiabao.
Elu à la tête du PCC lors de son 18me congrès en novembre dernier, Xi Jinping était automatiquement promis à prendre la présidence de la république, tous les organes de l’Etat chinois étant soumis au Parti communiste, parti unique. En endossant le titre de chef de l’Etat, Xi Jinping représentera désormais la Chine au niveau international. Il tient désormais toutes les rênes du pouvoir en Chine pour les dix prochaines années.
A la différence de son prédécesseur, une fois élu secrétaire-général du PCC, il avait pris immédiatement la présidence de la puissante Commission militaire centrale, l’organe dirigeant du Parti communiste sur l’Armée populaire de libération (APL).
Le premier voyage à l’étranger de Xi Jinping en tant que président de la république est prévu d’ici la fin du mois avec une visite officielle à Moscou suivie d’une tournée en Afrique.
Premier dirigeant né après la fondation du régime par Mao en 1949, il est le fils d’un héros révolutionnaire et à ce titre l’un des « princes rouges » de la nomenklatura de la deuxième puissance mondiale. Sa personnalité se confond avec la carrière d’un homme d’appareil qui a su gravir avec habileté et prudence les échelons de la hiérarchie communiste.
« De mémoire récente, il n’y a pas d’autre figure comparable cumulant un tel pouvoir » en si peu de temps, a commenté Willy Lam, expert de la politique chinoise à l’Université de Hong Kong.

Polémique à Bordeaux sur le chien de Michèle Delaunay

La ministre en charge des Personnes âgées, Michèle Delaunay, le 13 février 2013 à Paris(©AFP/Archives)
Le chien de la ministre socialiste en charge des Personnes âgées Michèle Delaunay a suscité une polémique à Bordeaux, après un article rapportant qu’il aurait mordu un policier municipal, ce qu’elle dément, assurant qu’il s’agissait d’un « événement provoqué » dans cette ville UMP.

Le journal Sud Ouest a rapporté samedi matin un compte-rendu de police, remontant au 23 février, selon lequel, « l’agent 378 a salué verbalement une personne (la ministre, ndlr) et dans le même temps l’animal – un berger allemand – saute sur l’agent en le mordant au bras à deux reprises ».
Le policier n’a pas été blessé et la ministre, qui est bordelaise, a démenti. « L’intention de cet évènement provoqué est révélée par le fait que c’est un conseiller municipal de la majorité qui a averti le journal », a-t-elle déclaré au quotidien.
Contacté par l’AFP, la ministre a regretté un « non-événement qui n’est pas à la hauteur de la situation du pays » et s’est dite « attristée et choquée que cette histoire qui n’en vaut pas la peine ait été relayée ».
Mme Delaunay a réaffirmé que lorsque le policier municipal s’est approché d’elle sans raison apparente alors qu’elle se tenait sur le perron de sa porte, son chien « a aboyé et comme tout bon chien a défendu sa maîtresse et son perron » et qu’il a alors « effleuré » le bras du policier.
Selon elle, « le policier, qui tenait en main un type de talkie-walkie, ne peut apporter aucune preuve de la moindre agression de mon chien. Son vêtement ne présentait pas la moindre morsure et tout le problème repose sur ce terme employé », a-t-elle ajouté, assurant que son chien « n’est pas du tout agressif, au contraire ».
Michèle Delaunay a renoncé à son mandat de députée socialiste à Bordeaux lorsqu’elle a été nommée ministre au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
Elle avait ravi la deuxième circonscription de la capitale girondine en 2007 à l’ex-Premier ministre Alain Juppé (UMP), qui est toujours maire de la ville.
« Je suis choquée qu’un conseiller municipal » de la majorité ait « signalé ce fait au journaliste » de Sud Ouest, « la campagne est en effet ouverte », a-t-elle regretté.
Les élections municipales de 2014 à Bordeaux pourraient opposer son suppléant, le président PS de la communauté urbaine de Bordeaux Vincent Feltesse, à Alain Juppé.
« Les policiers municipaux ont dressé un rapport et restent fermes sur la version des faits », indique de son côté à l’AFP le président du Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM), Cédric Michel, qui souhaite des « excuses » de la part de la ministre.

Handicap: transports et bâtiments publics pas tous accessibles en 2015

Une personne en fauteuil roulant devant une bouche de métro parisien, le 19 février 2013(©AFP)
« La société ne parvient pas à être accessible aux personnes handicapées »: tel est le constat sans appel d’un rapport parlementaire, qui affirme que l’échéance de 2015 prévue dans la loi doit à tout prix être maintenue, mais dont les propositions ne font pas l’unanimité parmi les associations.

La loi handicap de 2005 a prévu de rendre accessibles aux personnes handicapées d’ici au 1er janvier 2015 les transports et tous les bâtiments recevant du public.
Or la France « ne sera pas au rendez-vous », constate, à moins de deux ans de l’échéance, la sénatrice socialiste Claire-Lise Campion dans un rapport remis vendredi à Jean-Marc Ayrault. « Beaucoup de choses ont avancé et continuent à avancer (…). D’ici 2015, il faut soutenir cette dynamique, mais en même temps le constat est que la France entière n’y sera pas », a-t-elle dit à la presse, à sa sortie de Matignon.
« L’insuffisance de l’impulsion politique n’a pas permis de mobiliser les acteurs de terrain », affirme notamment la sénatrice de l’Essonne, qui avait été chargée en septembre par le Premier ministre de faire un état des lieux de l’accessibilité et de réfléchir aux solutions pour la faire avancer.
Le retard s’explique aussi par les coûts financiers significatifs de la mise en accessibilité des bâtiments, commerce et voiries, qui n’ont pas toujours été bien évalués, ou les délais nécessaires à l’ensemble des travaux, qui n’ont pas été bien appréciés.
Certains progrès sont « tangibles », par exemple pour les logements neufs: entre 84% et 99% seraient accessibles.
Côté transports, « les avancées sont perceptibles dans les grandes villes, grâce au renouvellement du parc d’autobus et à la réalisation de lignes de tramway, en général accessibles », souligne le rapport.
« Malgré ces avancées, le chemin à parcourir d’ici 2015 n’en reste pas moins considérable », estime la sénatrice. Par exemple, « si les 63 lignes de bus parisiennes sont accessibles, seules 89 des 274 lignes de banlieue le sont ».
« Un report déguisé de l’échéance »
Elle se dit toutefois convaincue de la nécessité de maintenir l’échéance de 2015, estimant qu’un report serait « une erreur ».
Elle avance pas moins de 40 propositions pour « réussir 2015″. La première d’entre elles concerne la mise en place d’ »agendas d’accessibilité programmée », définissant le coût des travaux nécessaires, et dont la durée de mise en œuvre pourrait s’inscrire dans une fourchette de 3 ou 4 ans, pouvant être reconduits 2 ou 3 ans.
Or l’Association des paralysés de France (APF) y voit un « report déguisé de l’échéance de 2015″. « Ce rapport propose maintenant une accessibilité pour 2022, sans sanctions financières et fiscales automatiques pour les acteurs privées et publics ne respectant pas ce délai ! », a-t-elle déploré auprès de l’AFP.
Jean-Louis Garcia, président de la fédération des Apajh (Association pour adultes et jeunes handicapés) a à l’inverse loué dans ce rapport des « solutions réalistes » et le fait qu’il ne revienne pas sur 2015. « En effet, cet objectif est loin d’être inatteignable », a-t-il estimé.
Parmi ses propositions, Mme Campion suggère aussi l’organisation d »états régionaux de l’accessibilité » et de faire du sujet la grande cause nationale de 2014.
« Ces propositions, pour la plupart, peuvent être faites à moyens constants », a-t-elle assuré à la presse. Certaines « nécessitent toutefois quelques moyens supplémentaires (…), ce sera au gouvernement de regarder et de voir ce qui est possible sur le plan budgétaire et financier », a-t-elle ajouté.
Selon un communiqué de Matignon, Jean-Marc Ayrault « a demandé à tous les ministres concernés de participer activement, sur la base de ce rapport, à l’élaboration d’un plan d’actions gouvernemental qui sera validé lors du prochain comité interministériel du handicap, à la fin du premier semestre de cette année ».

Venezuela: Chavez « lutte pour sa vie », selon le vice-président

Des partisans du président vénézuélien sont rassemblés le 26 février 2013 devant l’hopital où Chavez est soigné depuis son retour à Caracas(©AFP/Archives)
Le président vénézuélien Hugo Chavez, hospitalisé à Caracas pour un cancer, continue de « lutter pour sa vie », a déclaré jeudi le vice-président Nicolas Maduro.

« Notre commandant est malade parce qu’il a consacré toute sa vie à ceux qui n’ont rien », a déclaré M. Maduro, reconnaissant que Hugo Chavez « lutte pour sa santé, pour sa vie, et nous l’accompagnons ».
« Savez-vous pourquoi il a négligé sa santé ? Parce qu’il s’est consacré entièrement, corps et âme, oubliant toutes ses obligations envers lui-même, à donner au peuple une patrie, à donner à ceux qui n’en ont pas du travail, une vie, un logement, la santé, de la nourriture, une éducation. C’est la vérité vraie », a déclaré le vice-président, dauphin désigné du président, à la chaîne officielle VTV.
Souffrant d’un cancer, le président Chavez a été opéré quatre fois depuis juin 2011. Parti à Cuba le 10 décembre, il y est resté hospitalisé pendant plus de deux mois, avant d’annoncer par surprise son retour à Caracas, il y a une dizaine de jours. Il est actuellement soigné dans un hôpital militaire de Caracas.
Depuis, son compte Twitter, par lequel il a annoncé son retour, est resté muet et aucune image de lui n’a été diffusée.
Le gouvernement avait relancé la semaine dernière les inquiétudes sur le véritable état de santé du président en faisant pour la première fois état de l’évolution « défavorable » de l’insuffisance respiratoire dont souffre Hugo Chavez, âgé de 58 ans, depuis son opération du 11 décembre.
Le gouvernement assure toutefois que M. Chavez est toujours aux commandes, et qu’il a communiqué par écrit avec ses collaborateurs depuis son lit d’hôpital.