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Handicap: transports et bâtiments publics pas tous accessibles en 2015

Une personne en fauteuil roulant devant une bouche de métro parisien, le 19 février 2013(©AFP)
« La société ne parvient pas à être accessible aux personnes handicapées »: tel est le constat sans appel d’un rapport parlementaire, qui affirme que l’échéance de 2015 prévue dans la loi doit à tout prix être maintenue, mais dont les propositions ne font pas l’unanimité parmi les associations.

La loi handicap de 2005 a prévu de rendre accessibles aux personnes handicapées d’ici au 1er janvier 2015 les transports et tous les bâtiments recevant du public.
Or la France « ne sera pas au rendez-vous », constate, à moins de deux ans de l’échéance, la sénatrice socialiste Claire-Lise Campion dans un rapport remis vendredi à Jean-Marc Ayrault. « Beaucoup de choses ont avancé et continuent à avancer (…). D’ici 2015, il faut soutenir cette dynamique, mais en même temps le constat est que la France entière n’y sera pas », a-t-elle dit à la presse, à sa sortie de Matignon.
« L’insuffisance de l’impulsion politique n’a pas permis de mobiliser les acteurs de terrain », affirme notamment la sénatrice de l’Essonne, qui avait été chargée en septembre par le Premier ministre de faire un état des lieux de l’accessibilité et de réfléchir aux solutions pour la faire avancer.
Le retard s’explique aussi par les coûts financiers significatifs de la mise en accessibilité des bâtiments, commerce et voiries, qui n’ont pas toujours été bien évalués, ou les délais nécessaires à l’ensemble des travaux, qui n’ont pas été bien appréciés.
Certains progrès sont « tangibles », par exemple pour les logements neufs: entre 84% et 99% seraient accessibles.
Côté transports, « les avancées sont perceptibles dans les grandes villes, grâce au renouvellement du parc d’autobus et à la réalisation de lignes de tramway, en général accessibles », souligne le rapport.
« Malgré ces avancées, le chemin à parcourir d’ici 2015 n’en reste pas moins considérable », estime la sénatrice. Par exemple, « si les 63 lignes de bus parisiennes sont accessibles, seules 89 des 274 lignes de banlieue le sont ».
« Un report déguisé de l’échéance »
Elle se dit toutefois convaincue de la nécessité de maintenir l’échéance de 2015, estimant qu’un report serait « une erreur ».
Elle avance pas moins de 40 propositions pour « réussir 2015″. La première d’entre elles concerne la mise en place d’ »agendas d’accessibilité programmée », définissant le coût des travaux nécessaires, et dont la durée de mise en œuvre pourrait s’inscrire dans une fourchette de 3 ou 4 ans, pouvant être reconduits 2 ou 3 ans.
Or l’Association des paralysés de France (APF) y voit un « report déguisé de l’échéance de 2015″. « Ce rapport propose maintenant une accessibilité pour 2022, sans sanctions financières et fiscales automatiques pour les acteurs privées et publics ne respectant pas ce délai ! », a-t-elle déploré auprès de l’AFP.
Jean-Louis Garcia, président de la fédération des Apajh (Association pour adultes et jeunes handicapés) a à l’inverse loué dans ce rapport des « solutions réalistes » et le fait qu’il ne revienne pas sur 2015. « En effet, cet objectif est loin d’être inatteignable », a-t-il estimé.
Parmi ses propositions, Mme Campion suggère aussi l’organisation d »états régionaux de l’accessibilité » et de faire du sujet la grande cause nationale de 2014.
« Ces propositions, pour la plupart, peuvent être faites à moyens constants », a-t-elle assuré à la presse. Certaines « nécessitent toutefois quelques moyens supplémentaires (…), ce sera au gouvernement de regarder et de voir ce qui est possible sur le plan budgétaire et financier », a-t-elle ajouté.
Selon un communiqué de Matignon, Jean-Marc Ayrault « a demandé à tous les ministres concernés de participer activement, sur la base de ce rapport, à l’élaboration d’un plan d’actions gouvernemental qui sera validé lors du prochain comité interministériel du handicap, à la fin du premier semestre de cette année ».

Venezuela: Chavez « lutte pour sa vie », selon le vice-président

Des partisans du président vénézuélien sont rassemblés le 26 février 2013 devant l’hopital où Chavez est soigné depuis son retour à Caracas(©AFP/Archives)
Le président vénézuélien Hugo Chavez, hospitalisé à Caracas pour un cancer, continue de « lutter pour sa vie », a déclaré jeudi le vice-président Nicolas Maduro.

« Notre commandant est malade parce qu’il a consacré toute sa vie à ceux qui n’ont rien », a déclaré M. Maduro, reconnaissant que Hugo Chavez « lutte pour sa santé, pour sa vie, et nous l’accompagnons ».
« Savez-vous pourquoi il a négligé sa santé ? Parce qu’il s’est consacré entièrement, corps et âme, oubliant toutes ses obligations envers lui-même, à donner au peuple une patrie, à donner à ceux qui n’en ont pas du travail, une vie, un logement, la santé, de la nourriture, une éducation. C’est la vérité vraie », a déclaré le vice-président, dauphin désigné du président, à la chaîne officielle VTV.
Souffrant d’un cancer, le président Chavez a été opéré quatre fois depuis juin 2011. Parti à Cuba le 10 décembre, il y est resté hospitalisé pendant plus de deux mois, avant d’annoncer par surprise son retour à Caracas, il y a une dizaine de jours. Il est actuellement soigné dans un hôpital militaire de Caracas.
Depuis, son compte Twitter, par lequel il a annoncé son retour, est resté muet et aucune image de lui n’a été diffusée.
Le gouvernement avait relancé la semaine dernière les inquiétudes sur le véritable état de santé du président en faisant pour la première fois état de l’évolution « défavorable » de l’insuffisance respiratoire dont souffre Hugo Chavez, âgé de 58 ans, depuis son opération du 11 décembre.
Le gouvernement assure toutefois que M. Chavez est toujours aux commandes, et qu’il a communiqué par écrit avec ses collaborateurs depuis son lit d’hôpital.

Christine Lagarde et Marine Le Pen en tête du palmarès des femmes politiques

Christine Lagarde le 25 janvier 2013 à Davos(©AFP/Archives)
La directrice générale du FMI Christine Lagarde et la présidente du Front national Marine Le Pen arrivent en tête du palmarès des femmes politiques Ifop pour le Journal du dimanche, avec respectivement 34% et 31%.

Mmes Lagarde et Le Pen, auxquelles les personnes interrogées voient jouer « un rôle plus important à l’avenir dans la vie politique française », devancent Nathalie Kosciusko-Morizet et Rama Yade, qui totalisent chacune 27%.
Viennent ensuite les premières femmes de gauche, Martine Aubry et Christiane Taubira, 21% chacune, devant Rachida Dati et Ségolène Royal (19%), Valérie Pécresse (17%), Najat Vallaud-Belkacem (16%), Cécile Duflot (12%); Aurélie Filippetti (11%) ou encore Anne Hidalgo (10%).
Ce sondage a été réalisé du 27 février au 1er mars auprès d’un échantillon représentatif de 990 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

A Shanghai, un portrait de Mandela « boxé » au nom de la liberté

L’artiste belge Phil Akashi devant son portrait de Nelson Mandela, le 1er août 2013 à Shanghaï(©AFP)

Un portrait de Nelson Mandela tout juste achevé par un artiste belge dans son studio shanghaïen est à l’image de l’endurance inlassable du Sud-Africain: il l’a réalisé en frappant 27.000 fois un mur avec un gant de boxe marqué du caractère chinois « liberté ».

Hommage à celui qui pratiqua la boxe avant de prendre la tête du combat contre l’apartheid, et passa 27 ans en prison avant de devenir le premier président sud-africain, ce Mandela mural esquisse un fin sourire et affiche un regard bienveillant.
Il domine l’atelier de l’artiste belge Phil Akashi, 34 ans, qui a passé une bonne partie de la fin juin et du début juillet à enchaîner les coups de poings contre le mur, défiant l’étouffante chaleur de l’été de Shanghai — métropole où il a établi sa résidence.
« Je pense que j’ai perdu trois à cinq kilos en l’espace de cinq semaines », a-t-il raconté à l’AFP.
Il a entrepris son oeuvre, qui mesure six mètres de hauteur, après avoir appris que Mandela, hospitalisé à Pretoria depuis début juin, se battait pour rester en vie.
Depuis, l’état de santé de cette icône mondiale de la paix, qui a célébré en juillet ses 95 ans, s’est un peu amélioré, selon des informations de la présidence sud-africaine, même si en même temps celle-ci a indiqué qu’il restait dans « un état critique mais stable ».
Phil Akashi a employé pour son portrait de la pâte de cinabre, matière traditionnellement associée en Chine à la vie et à l’éternité, et opté pour une couleur noire, symbolisant le combat de Mandela contre l’apartheid.
« Je considère vraiment que Nelson Mandela est un extraordinaire artiste de la paix. Il constitue en vérité une fantastique source d’inspiration pour le monde entier », a souligné M. Akashi.
Le caractère « zi », employé pour construire le mot « liberté », figurait sur un sceau de style chinois en caoutchouc, attaché sur le gant.
Nelson Mandela avait reçu en 1993 le prix Nobel de la Paix, aux côtés du dernier président blanc d’Afrique du Sud, Frederik de Klerk, en raison de sa « longue marche vers la liberté » et son engagement dans la réconciliation nationale.
Mandela pourrait continuer à inspirer la jeunesse chinoise, a conclu Phil Akashi, estimant que sa vie pouvait apporter « un message d’espoir » et « inciter certains à agir et à se battre pour la liberté ».
 
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Mitt Romney: « c’est dur » de ne pas être président

Mitt Romney, candidat déchu, le 7 novembre 2012(©AFP/Archives)
Dans sa première interview depuis sa défaite en novembre, accordée à la chaîne Fox, Mitt Romney a confessé dimanche que « cela le frustrait de ne pas être à la Maison Blanche » pour régler les problèmes du pays, critiquant Barack Obama.

« Ca me frustre de ne pas être là, de ne pas être à la Maison Blanche pour faire ce qu’il faut faire », a-t-il confié sur Fox. « C’est dur », a-t-il ajouté.
Mitt Romney a vertement critiqué le président Obama pour sa gestion du dossier budgétaire et des coupes de 85 milliards de dollars entrées en vigueur vendredi faute d’accord conclu entre démocrates et républicains au Congrès.
« Personne ne peut penser que cela est un succès pour le président », a-t-il dit. Mais le candidat déchu a également fait son autocritique de sa campagne, reconnaissant des déclarations malheureuses et le manque d’ »efficacité » de son message visant les minorités, notamment hispanique et afro-américaine.
Il a par ailleurs décrit son expérience de campagne comme « des montagnes russes », avec « des hauts et des bas », alors qu’il a depuis complètement disparu des radars médiatiques.
Le 6 novembre 2012, il a été battu par le président sortant Barack Obama, après des mois d’une intense bataille et des montant record d’argent dépensés dans la campagne électorale.
« Nous étions sur des montagnes russes, (avec des moments) excitants et palpitants, des hauts et des bas. Mais tout s’est arrêté », a-t-il confié.
L’ancien gouverneur du Massachusetts (nord-est) est apparu aux côtés de sa femme Ann Romney. Celle-ci a reconnu que la transition entre les constants bains de foule et la protection d’agents du Secret Service, à une vie calme et en dehors des projecteurs avait requis un certain « ajustement ».
« C’était beaucoup d’énergie et de passion et de gens autour de nous, et tout d’un coup, il n’y avait plus rien », a-t-elle dit.

Christian Jacob (UMP) évoque un « matraquage » fiscal pour trouver 35 milliards d’euros

Le chef de file des députés UMP Christian Jacob, le 7 février 2013 à Paris(©AFP/Archives)
Le chef de file des députés UMP Christian Jacob a dénoncé mardi un « matraquage » fiscal en vue, jugeant « intenable » l’engagement gouvernemental de ne pas augmenter les impôts en 2014 sans réforme de structure et affirmant que la France doit trouver « environ 35 milliards d’euros ».

Face au « dérapage du déficit et du chômage », M. Jacob a reproché devant la presse au gouvernement de « nous la jouer sur l’air du +Tout va très bien Madame la marquise+ » alors qu’ »on voit dans quel matraquage on risque de partir, vu que sa ligne n’est pas de réduire les dépenses mais d’augmenter les impôts »
Affirmant que le gouvernement « essaie d’endormir les Français lorsque Jérôme Cahuzac (le ministre délégué au Budget) parle de 6 milliards d’euros à trouver sur des recettes one shot », le député-maire de Provins (Seine-et-Marne) a déclaré que « l’engagement de ne pas augmenter les impôts est intenable car il faut retrouver environ 35, voire 45 milliards d’euros, si le gouvernement ne fait pas de réformes de structure ».
Si la dégradation de la croissance et du chômage intervient dans un « contexte économique indéniable », M. Jacob a épinglé « une responsabilité directe du gouvernement, qui a supprimé toutes les réformes de structure comme la RGPP, toutes les mesures visant à abaisser le coût du travail et à renforcer le pouvoir d’achat (TVA compétitivité, défiscalisation des heures supplémentaires) et lâché la bride sur les dépenses publiques, encore récemment avec l’abrogation du jour de carence pour les fonctionnaires ».

EXCLUSIF AFP – Chine: un bourg du sud défie les autorités et exige des élections

Des véhicules endommagés en raison d’affrontements jonchent la rue principale de Shangpu, le 2 mars 2013(©AFP)Les habitants d’une bourgade du sud de la Chine se sont rebellés contre les autorités à propos de saisies de terres et demandaient dimanche des élections démocratiques, après des heurts violents avec des nervis envoyés par un responsable local, a constaté l’AFP.La police a interdit l’accès de la bourgade aux personnes étrangères et les habitants refusent de leur côté l’entrée aux responsables officiels, à quelques jours de l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), le parlement chinois.Il y a une semaine, les habitants de Shangpu, dans la province du Guangdong, se sont battus avec un groupe de personnes envoyées, selon eux, par le chef local du Parti communiste et un homme d’affaires désireux de s’emparer de terres agricoles du village.Les faits rappellent l’affaire de Wukan, un village côtier du Guangdong, distant de 100 km, devenu célèbre fin 2011 pour s’être soulevé contre ses cadres communistes corrompus, accusés de s’être emparés de terres pour une opération immobilière.L’AFP est le premier média occidental à avoir pu entrer dans Shangpu depuis le début de l’affrontement.A l’entrée du village de 3.000 habitants, une quarantaine de membres des forces de l’ordre montent la garde, empêchant les véhicules de rentrer.Non loin, une banderole de tissu proclame: « Nous réclamons avec force des élections légales et démocratiques ». Dans le village, les maisons à un étage, typiques de la région, dont plusieurs abritent un atelier ou un petit magasin, donnent sur des rizières. La rue principale est jonchée de carcasses de voitures et de bris de verres, reliques des affrontements qui viennent de s’y dérouler. Les habitants réclament le droit d’élire leur représentant et de donner leur avis sur le projet très controversé de transformer les rizières environnantes en zone industrielle. « Ça devrait être décidé par un vote des villageois », déclare un des meneurs du mouvement de protestation. « Le chef du village devrait représenter nos intérêts, mais ce n’est pas le cas ».Les habitants craignent qu’une fois la session annuelle du parlement chinois entamée, mardi, les autorités cherchent à écraser le mouvement de contestation.« Afin de maintenir la stabilité, elles (les autorités) ne veulent pas recourir à la force avant la réunion » du parlement, ajoute un autre villageois. « Nous avons peur qu’elles reviennent ».

Pakistan: au moins 45 morts dans un attentat dans un quartier chiite de Karachi

Des secouristes évacuent une victime de l’attentat à la voiture piégée de Karachi, le 3 mars 2013(©AFP)
Un attentat à la voiture piégée à l’entrée d’un quartier chiite de la métropole économique pakistanaise Karachi a fait au moins 45 morts et 150 blessés dimanche soir, à moins de deux semaines de l’annonce d’élections nationales dans ce pays.

Cet attentat est le plus meurtrier en plus de trois ans à Karachi, poumon économique du Pakistan déjà miné par une guerre des gangs sans merci et une vague d’assassinats sur fond de rivalités politiques, ethniques et économiques complexes.
L’explosion de dimanche soir a eu lieu près de l’entrée du quartier d’Abbas Town peuplé par la minorité musulmane chiite, selon des sources policières, qui ont précisé que des sunnites avaient aussi été tués et que la cible exacte de l’attentat demeurait encore inconnue.
« Au moins 45 personnes ont été tuées et 150 autres blessées. Le bilan pourrait encore s’alourdir car environ la moitié des blessés sont dans un état grave », a dit à l’AFP Hashim Raza Zaidi, plus haut fonctionnaire de cette ville de 18 millions d’habitants, révisant à la hausse un précédent bilan faisant état d’une trentaine de morts.
Un peu plus tôt, un haut responsable policier a fait état d’au moins 30 personnes tuées, dont trois policiers et des femmes, tout en précisant que le bilan pourrait s’alourdir car de nombreux blessés sont dans un état critique.
« J’étais dans mon appartement situé au troisième étage d’un immeuble. Soudain j’ai entendu une forte explosion. Je pensais que l’immeuble allait s’effondrer, c’était comme un tremblement de terre », a dit à l’AFP Ijaz Ali, 37 ans, un chiite blessé à la tête et à la poitrine rencontré dans un hôpital local avec ses deux fils de 10 et 12 ans aussi blessés.
« Les vitres de mon appartement ont été soufflées, quelque chose m’a atteint à la tête et j’ai perdu conscience. J’ai repris mes esprits à l’hôpital et suis soulagé de voir que ma famille a survécu », a-t-il ajouté.
Une seconde explosion a suivi la première déflagration, mais « la nature » de ce second incident était inconnue dimanche soir par les autorités qui cherchaient aussi à savoir si la bombe cachée dans le véhicule avait été activée à distance, par une minuterie ou par un kamikaze.
Violences anti-chiites et élections
Le Pakistan est endeuillé depuis le début de l’année par les deux attentats anti-chiites les plus meurtriers de son histoire ayant fait près de 200 morts à Quetta, la capitale de la province voisine du Baloutchistan (sud-ouest).
Ces attentats avaient été revendiqués par le Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), un groupe armé sunnite proche d’Al-Qaïda qui multiplie les attaques contre les chiites depuis sa formation au milieu des années 90.
L’attentat de Karachi intervient à moins de deux semaines de la dissolution, le 16 mars au plus tard selon la constitution, de l’Assemblée nationale pour des élections générales attendues à la mi-mai dans ce pays musulman de 180 millions d’habitants, dont 20% de chiites.
Ces élections devraient être les premières dans l’histoire du Pakistan moderne à avoir lieu après qu’un gouvernement civil fut allé jusqu’au bout de mandat de cinq ans, d’où leur importance pour la consolidation de la démocratie dans ce pays musulman qui a vu trois gouvernements civils être renversés à la suite de coups d’Etat depuis sa création en 1947.
Le Premier ministre pakistanais Raja Pervez Ashraf a demandé à la police de diligenter sur le champ une enquête complète sur ce nouvel incident, selon un communiqué.

Israël: accord pour la formation d’un gouvernement

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (C) en conseil des ministres à Jérusalem le 10 mars 2013(©Pool/AFP/Archives)
Un accord a été conclu mercredi entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et notamment son partenaire laïque Yaïr Lapid pour la formation du prochain gouvernement, ont indiqué plusieurs médias.

Aux termes de cet accord, le ministère de l’Education, qui constituait la principale pomme de discorde, va être attribué à Yesh Atid, le parti de Yaïr Lapid qui sera ministre des Finances, ont ajouté plusieurs chaînes de télévision et de radio.
Le parti de Yaïr Lapid a été le grand vainqueur des élections du 22 janvier avec 19 élus sur 120.
Le ministère de l’Intérieur, également disputé, sera en revanche accordé au Likoud, le parti de Benjamin Netanyahu, a précisé la radio militaire.
La formulation finale de l’accord et du programme de gouvernement devrait s’achever mercredi soir lors d’une rencontre entre MM. Netanyahu, Yaïr Lapid, et Naftali Bennett, chef de file du Foyer juif.
Le Foyer juif est un parti nationaliste religieux qui a lui aussi réalisé une percée (12 députés) et qui fera partie du prochain gouvernement.
La signature officielle de l’accord devrait avoir lieu jeudi, selon la radio publique. Puis M. Netanyahu se rendra chez le président Shimon Peres pour lui annoncer qu’il est parvenu à mobiliser une majorité en vue d’un gouvernement.
Le vote d’investiture, qui ne peut avoir lieu le vendredi, le samedi ou dimanche car le Parlement ne peut se réunir ces jours fériés musulman, juif et chrétien, devrait avoir lieu lundi, soit deux jours avant la visite du président Barack Obama en Israël et dans les Territoires palestiniens.
A l’issue d’une première période de quatre semaines, M. Netanyahu était pressé par le temps. Il avait obtenu un deuxième et dernier délai du président Peres afin de présenter son nouveau gouvernement avant le 16 mars, faute de quoi le chef de l’Etat aurait dû désigner un autre candidat pour tenter de constituer une majorité.

Bulgarie: le suicide par le feu d’un homme provoque colère et espoir

Un homme rend hommage à Plamen Goranov, devant l’hôtel de ville de Varna, le 5 mars 2013(©AFP)
Une centaine de bougies allumées et des monceaux de fleurs barrent l’entrée de la mairie de Varna, dans l’est de la Bulgarie, à la mémoire de Plamen Goranov, 36 ans, dont la mort à la suite d’une immolation par le feu en a fait le symbole des protestations contre la corruption des élites politiques.

Autour du portrait de Plamen, cheveux longs, sourire serein, alpiniste et artiste dont le prénom signifie « flamme », des inscriptions au feutre sur les dalles du trottoir : « Tu as embrasé notre courage et l’amour de la liberté »; « Ton sacrifice nous mène à la victoire »; « La mafia détruit la Bulgarie ».
Ou encore : « Tu es notre Jan Palach », l’étudiant tchèque qui s’immola par le feu en 1969 pour protester contre l’occupation soviétique après la répression du « Printemps de Prague ».
Plamen Goranov, mort dimanche, avait tenté de s’immoler par le feu le 20 février devant la mairie de Varna. Il réclamait la démission du maire conservateur, Kiril Yordanov, en place depuis 14 ans, qu’il accusait de corruption. Le jour même, le Premier ministre conservateur, Boïko Borissov, avait remis la démission du gouvernement.
« Que le gouvernement ait démissionné ne change rien. Il faut que la société civile puisse tout contrôler : les monopoles, les élections, les partis, les institutions », dit Ilarion Ananiev, 25 ans, un des animateurs informels du mouvement contestataire.
« Plamen était un grand, il frayait ce chemin », soupire Radostina Petrova, une amie du défunt, assise par terre, les yeux rivés sur les bougies.
« Plamen s’est éteint, mais sa flamme reste vive », titrait mardi le journal d’opposition de Varna, Narodno delo.
« Plamen Goranov est devenu un symbole national révélant que la démocratie en Bulgarie, contrôlée par une oligarchie post-communiste, est réduite aux apparences », a déclaré à l’AFP Ognian Mintchev, directeur de l’Institut d’études régionales et internationales à Sofia.
Alors que le maire serait sur le point de démissionner, Ognian Mintchev a souligné l’importance d’une mobilisation civile « pour empêcher la mise en place à nouveau d’hommes de paille à la tête de la ville ».
Principal port bulgare sur la Mer Noire, Varna est l’agglomération d’où les manifestations massives contre la corruption et la pauvreté avaient commencé il y a plus de trois semaines et où elles sont les plus importantes. Depuis le geste de Plamen Goranov, les manifestants portent un autocollant représentant une flamme.
« C’était un homme excentrique, mais le premier à avoir montré du doigt ceux qui dissuadent toute tentative d’activité économique indépendante à Varna », déclare Radoslav Radev, un informaticien de 25 ans.
Une société holding, désignée informellement par le sigle TIM, fondée à Varna dans les années 1990 par d’anciens militaires d’élite de la marine, compte parmi les plus puissantes de Bulgarie, selon un rapport de l’ambassade des Etats-Unis de 2005 paru sur Wikileaks, qui évoque des activités criminelles à l’origine de cette richesse. Elle a des intérêts pêle-mêle dans l’industrie pétrolière et chimique, le transport aérien et maritime, les finances et les assurances, les médias, le commerce et le tourisme.
« Tel un octopode, TIM étouffe l’économie, détruit la nature et criminalise la vie politique », résume Ognian Mintchev, originaire de Varna. Et même un député de Varna membre du parti conservateur au pouvoir GERB, Pavel Dimitrov, l’admet : « Rien à Varna n’arrive sans TIM ».
« Le maire ne fait qu’exécuter les ordres de TIM. Et ses réélections sont obtenues par la fraude », affirme Ilarion Ananiev.
Malgré la longévité politique du maire de Varna, les rues sont truffées de nids-de-poule et la ville manque pratiquement de chauffage central : « Je ne mets le chauffage en route que quelques heures par jour, mais ma facture d’électricité se monte à 160 leva (80 euros), alors que ma pension est de 300 leva » (150 euros), se plaint Yanka Petrova, une retraitée.
Pendant que des habitants de Varna rendaient hommage à Plamen Goranov, deux hommes ont sauté d’un pont, se noyant dans la mer, en l’espace de trois jours. Et, depuis le début des manifestations, deux autres Bulgares désespérés par la pauvreté se sont immolés par le feu les 18 et 26 février : le premier, âgé de 26 ans, est mort, tandis que le deuxième, 53 ans, père de cinq enfants, est dans un état grave.