Etats-Unis: des aéroports bientôt au ralenti, dommage collatéral de l’austérité

Des passagers font la queue pour passer les contrôles de sécurité à l’aéroport LaGuardia de New York, en novembre 2010(©Getty Images/AFP/Archives)
Longues files d’attente à la sécurité et aux douanes, avions immobilisés au sol… Les coupes budgétaires entrées en vigueur aux Etats-Unis pourraient rendre l’été très difficile dans les aéroports américains, estiment les experts.

Selon eux, les coupes budgétaires automatiques au 1er mars, faute d’accord entre la Maison Blanche et le Congrès, ne se feront pas sentir immédiatement, notamment parce que les personnes licenciées ont généralement droit à un préavis de 30 jours.
Mais mi-avril, le personnel devrait en moyenne travailler un jour de moins sur une période de deux semaines, et ce jusqu’à la fin de l’année fiscale en septembre, selon Dan Stohr, porte-parole de l’Aerospace Industries Association.
Et « d’ici à fin mai/début juin, quand la saison démarre à plein, nous verrons vraiment l’impact » de la crise, dit-il à l’AFP.
Les coupes budgétaires automatiques — 85 milliards de dollars sur les sept derniers mois de l’année budgétaire — frapperont tous les métiers des aéroports: inspecteurs de l’administration fédérale de la sécurité des transports (TSA), personnel des douanes, agents de l’administration fédérale de l’aviation (FAA).
Les tours de contrôle d’une centaine de petits aéroports régionaux, de la ville de Mobile (Alabama, sud) à Niagara Falls (New York, nord-est), pourraient avoir à fermer. Une soixantaine d’autres, dans des villes plus importantes comme Jacksonville (Floride, sud-est) ou Sacramento (Californie, sud-ouest), pourraient ne plus avoir d’équipes de nuit.
Et même si les grands aéroports devraient être protégés au maximum, ils sentiront eux aussi l’impact des coupes budgétaires, avec des files d’attente qui devraient s’allonger encore et encore.
« Créer l’inquiétude »
« Dans nos aéroports les plus fréquentés, l’attente qui dure déjà jusqu’à deux heures, pourrait facilement dépasser quatre heures », a prédit la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano.
L’Association nationale des contrôleurs aériens a dénoncé des réductions budgétaires qui selon elle « sont nuisibles au transport aérien et à l’économie fragile du pays ».
« Tous les usagers et acteurs du transport aérien, y compris les voyageurs, les pilotes, les compagnies aériennes, les entreprises et les militaires en ressentiront les effets ».
Selon M. Stohr, une diminution du nombre des inspecteurs se traduira par des délais dans la certification et la livraison des nouveaux avions, « impactant directement notre industrie ».
Et à plus long terme, il met en garde contre le risque de freiner une réforme en cours du contrôle aérien, qui selon lui « pourrait prendre plusieurs années de retard ».
Mais les pronostics les plus sombres ne peuvent être dissociés d’un climat politique particulièrement empoisonné, où chacun accuse l’autre du pire.
Le président Obama a accusé les Républicains de refuser de même chercher un accord. Eux affirment en retour que les coupes ciblent les mauvais secteurs.
Dans un communiqué, un sénateur républicain, John Thune, et un représentant du même parti, Frank LoBiondo, ont ainsi accusé l’administration Obama de « créer l’inquiétude » au sein du pays.
Le cabinet de conseil spécialisé Boyd Group International a également accusé le gouvernement d’être prêt à « torpiller l’économie américaine s’il n’obtient pas ce qu’il veut ».
Pour Henry Harteveldt, analyste du secteur des voyages, la seule certitude est de fait… l’incertitude.
« Les politiques ont été très bons pour faire monter la tension, mais beaucoup moins bons pour préciser ce qui va se produire », a-t-il indiqué à l’AFP.

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